Les Études Ontologiques

Si les études phonistes portent avant tout sur l’Art des Harmonies, elles s’intéressent aussi à la connaissance de la nature, ce que les phonistes appellent « l’ontologie », ou sagesse de l’Être.  L’ontologie se pratique à partir des textes Anciens retrouvés sur des tablettes ou dans des ruines. Les phonistes rassemblent les fragments épars de la sagesse perdue des Anciens, espérant ainsi percer à jour les secrets ultimes de Pangée, des Sphères et du Cosmos.

Si les textes Anciens déjà connus sont clairs sur certaines choses (comme la production des Harmonies), aucun n’aborde les questions fondamentales sur l’origine du monde et des humains qui le peuples.  D’où vient le cosmos ? D’où vient la musique des sphères au principe du Grand Art? Pourquoi l’être humain est-il accordé à elle, et pas les autres créatures ?  Y aura-t-il une fin aux Ténèbres ? Sont-elles une impureté à éliminer, ou une partie du cosmos à accepter ?  Bien sûr, pour le commun des mortels, ces questions abstraites sont absolument sans importance, et il n’est pas rare que les thèses ontologiques des phonistes soient accueillies avec simple haussement d’épaules…  Il n’en reste pas moins que l’ontologie est une passion pour la plupart des phonistes, certains allant même jusqu’à jouer leur vie pour mettre à jour de nouveaux secrets des Anciens.

Le domaine des recherches ontologiques intéresse tout particulièrement les phonistes du Magnus Magicus et du Moritarium.  Toutefois, alors que la plupart de leurs collègues se contentent de discuter des origines du monde, ces phonistes s’aventurent en plein cœur des Terres-sans-Lumière à la recherche de sites Anciens.  Ils espèrent ainsi découvrir plus de textes comme les Tables Célestes, qui pourront amener la connaissance de l’Être à un autre niveau et repousser les limites du Grand Art.

Mais la plupart des phonistes ne sont heureusement pas assez  fous pour risquer leur vie à aller poursuivre une hypothétique sagesse perdue.   Les faits sont bien connus : ceux qui reviennent de telles expéditions sont peu nombreux, et la plupart d’entre eux ont complètement perdu la raison.  Quant à ceux qui ont encore assez d’esprit pour livrer un témoignage, ils ne disent rien qui ne puisse être pris au sérieux… Que faire de ces histoires de « failles au cœur du monde, comme une blessure qui ne sera jamais pansée»?  Des « choses sans nom et sans yeux qui se tordent dans les étendues infiniment désolées, sous une mauvaise lune qui ne produit pas de lumière » ? De la « honte des Anciens », de « l’orgueil du Soleil », de la « souillure du Démiurge », et de ces cent autres récits rapportés, tous aussi inquiétants qu’insensés ?

 

C’est pourquoi les recherches ontologiques restent généralement du domaine de la spéculation abstraite pour le phoniste moyen.

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