La Sophocratie de Dohm : le Phare dans l’Obscurité

Introduction

« Si la Flamme nous a laissé un enseignement, il ne peut s’agir que de celui-ci : le monde est un Feu éternel qui s’allume en mesure et s’éteint en mesure.  Nier le mouvement de toute chose, chercher la permanence là où n’existe que le passage, chercher l’unité là où ne subsiste que le multiple, c’est complète folie.  Même pour une civilisation entière. Seul le sage qui a fait sien cette vérité est en mesure de servir de guide ; et si le monde autour de notre cité est en déroute, c’est bien parce qu’il est sans guide !

L’équilibre : voilà bien ce à quoi tend toute chose.  Chaque contraire produit son opposé, et la route qui monte et qui descend est une et même.  À nous s’oppose des ténèbres infinies, générées par un déséquilibre; notre Flamme est la réponse à ce déséquilibre.  Mais qui peut prétendre ici qu’il y a un « bien » et un « mal » décidé par quelque dieu ? Pourquoi craindre un terme du continuum plutôt qu’un autre ?  N’est-il pas absurde de souhaiter le haut sans le bas,  la vie sans mort, la lumière sans les ténèbres? Que font-ils donc tous à vivre dans un tel rêve ?  Ce sont les ténèbres des sens qui brouillent leur raison.

Mais nous, voilà bien longtemps que nous avons cessé de dormir en plein jour.  Ce que nous enseigne une sereine contemplation de la nature à travers la raison, ce que nous enseigne la Flamme, c’est qu’il n’y a ici ni bons, ni méchants, ni héros ni monstres ; il y a le déploiement de forces chaotiques surabondantes qui nous dépassent, mais à l’intérieur desquelles nous sommes tous jetés sans espoir de retour ou de rédemption. Qu’ils aillent prier leurs idoles, ces peuples fous, ces insensés qui croient servir quelque être souverain venu d’entre les étoiles!  Cela ne nous appartient pas, mes frères. Ce que sert l’homme, ce ne sera jamais que sa survie, qu’il le veuille ou non. Et c’est à cette fin qu’il doit penser.

Portez bien haut la flamme de votre sagesse, car vous êtes de ceux qui, par delà bien et mal, entretiennent le Phare de la Raison, le seul rempart de l’humanité contre l’illusion, la sauvagerie, l’ignorance et la décadence. »

Extrait de Sur la Nature, Hyparchia l’Obscure, membre du premier Symposium des Sages de Dohm

Description

La Sophocratie de Dohm est une Cité-État qui ne fait pas partie du Conglomérat.  Cachée au milieu de vastes steppes de toundra enneigées 10 mois par année, elle ressemble de loin aux griffes pierreuses d’un monstre gigantesque qui jaillirait du sol.  Ses tours courbées vers l’intérieur, ses pierres noires et rudes, ses ruelles étroites et tordues et ses maisons bien trop anciennes tiennent la plupart des visiteurs à l’écart. Mais ceux qui s’aventurent dans les rues de Dohm y découvrent une population fière, énergique et animée.  Une grande activité règne en permanence dans la ville et ses alentours. Une rumeur prétends que Dohm ne serait pas réellement situé à cet endroit. La véritable ville se situerait bien plus loin dans le blizzard.

Dohm est une cité complètement autarcique et maintient depuis maintenant plus de trois siècles un gouvernement des sages inspiré des écrits de ses premiers Nomothètes: Hyparchia l’Obscure, Antiphon le Juste et Metrodome le Sceptique.  Ces trois philosophes, dit-on, menèrent une révolte de la population et renversèrent le précédent souverain de Dohm dans un coup d’état sanglant. Puis, ils procédèrent à instaurer des lois hors du commun.

Se donnant tous les pouvoirs, ils mirent d’abord en place un système d’éducation destiné à former une élite intellectuelle pour gouverner la cité.  Contre toutes attentes de la part des autres nations Parjures, leurs réformes s’avérèrent efficaces. La cité de Dohm leva en outre une armée pour protéger adéquatement les campagnes, et instaura un système de justice rigoureux qui apaisa les dissensions entre les citoyens.  Les Sages du Symposium, les « Tyrans éclairés », conservèrent tous les pouvoirs, et les conservent encore aujourd’hui. Ils ont pour mission de guider la cité par la raison et servent un idéal politico-philosophique d’équilibre et de neutralité.

La poursuite de la sagesse, particulièrement à travers le Grand Art, est une priorité pour la cité de Dohm.  Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’y existe aucun concept de rectitude politique dans la cité.  Tout peut être dit et recherché à Dohm, ce qui en a fait avec les années un haut lieu de recherches phonistes.

Les seuls tabous de la cité concernent les édits des Sages sur l’éducation des enfants et le choix des dirigeants de la cité.  Ces règles sont mal comprises à l’extérieur de Dohm, et la plupart des Parjures des Terres-de-Lumière voient la cité de Dohm comme une espèce de dictature de nécromants et de phonistes à moitié fous corrompus par les ténèbres…  Et qui sait ? Les Sages du Symposium ne sont dans les faits que rarement vus de la population, et peu nombreux sont ceux qui connaissent le processus par lequel ils sont sélectionnés…

Même si la cité n’a pas bonne réputation, elle reste un rempart capital contre les ténèbres des Mers du Nord et les Natifs qui débarquent constamment sur la pointe nord-ouest de Pangée.  Pour cela, la cité-état est généralement respectée par ses voisines. Les Égarés du nord sont reconnus pour être particulièrement dangereux (surtout ceux qui viennent de l’océan) et la Garde de Dohm a la réputation d’être la plus courageuse de tout Pangée (réputation contestée, bien sûr, par plusieurs autres… notamment la Garde d’Acragas). On raconte que Dohm possède une garde d’élite encore invaincue à ce jour.

© 2018 by Ad Mortem. Proudly created with Wix.com